Famines en Afrique




Les Nations Unies ont lancé il y a quelques jours un appel à la solidarité internationale pour tenter d’enrailler le risque de malnutrition et de famine qui pourrait très rapidement toucher 20 millions d’habitants de trois pays d’Afrique et au Yémen.

« La plus importante crise humanitaire depuis la seconde guerre mondiale » : c’est ainsi que le secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, a qualifié la situation, le 22 février, en lançant un appel à la solidarité internationale pour aider les quatre pays où la famine rôde à nouveau.


Au Nigeria, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen, « des millions de personnes se débattent déjà entre la malnutrition et la mort, vulnérables aux maladies et aux épidémies, contraintes de tuer leur bétail pour se nourrir et de manger les céréales qu’ils avaient mis de côté pour semer leur prochaine récolte. Les femmes et les filles sont les premières victimes », a-t-il averti.

L’état de famine a officiellement été décrété au Soudan du Sud le 20 février : 100 000 personnes de la région de l’Unité, dans le nord du pays, risquent de mourir de faim, selon l’ONU qui, pour les quatre pays placés en état d’alerte, évalue à plus de 20 millions le nombre de personnes menacées.

Trente-sept pays auront besoin d’assistance en 2017, selon le dernier bulletin sur la situation alimentaire et les perspectives de récoltes publié début mars par l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Vingt-huit pays se trouvent en Afrique. Quatre se trouvent en situation de grave insécurité alimentaire : le Soudan du Sud, où la famine a été décrétée au nord, dans l’Etat de l’Unité, le Nigeria (nord-est), la Somalie (sud) et le Yémen. Comment en est-on arrivé là ? Analyses des causes de la crise alimentaire en infographie animée.

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Définition de la famine

  • Nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans supérieur à 4 sur 10 par jour
  • Disponibilité en eau inférieure à 4 litres par jour et par personne

 

Les plus graves crises humanitaires liées à la faim depuis les années 1960 (source : Le Monde)

  • 2010-2011 En Somalie, près de 260 000 personnes, dont la moitié sont des enfants, meurent de faim. Guerre civile et sécheresse se combinent dans cette catastrophe.
    1998 Au Soudan, sécheresse et guerre civile provoquent le décès de 70 000 personnes, principalement dans l’Etat de Bahr-Al-Ghazal.
  • 1995-1999 En Corée du Nord, entre 200 000 et 3,5 millions de personnes, selon, les estimations, seraient mortes. La faillite du système de planification agricole est principalement en cause.
  • 1991-1993 En Somalie, guerre civile et sécheresse entraînent la mort de 300 000 à 500 000 personnes.
  • 1983-1985 En Ethiopie, 400 000 personnes décèdent d’une des plus fortes sécheresses qu’a connues la Corne de l’Afrique, aggravée par des affrontements militaires. Cette famine suscita une forte mobilisation de l’opinion publique internationale avec des chansons comme « We are the world » ou « SOS Ethiopie ».
  • 1974 Au Bangladesh, près de 30 000 décèdent en quelques mois. De très importantes inondations se sont produites dans un contexte d’économie rurale déjà en crise et de difficultés d’accès aux denrées alimentaires du fait de l’inflation.
  • 1972-1975 En Ethiopie, une vague de sécheresse entraîne la mort de 200 000 à 500 000 personnes, selon les estimations.
  • 1967-1970 Au Nigeria, la guerre de sécession du Biafra provoque plusieurs millions de déplacés et condamne à la famine plusieurs centaines de milliers de personnes.
  • 1968-1972 Au Sahel, 100 000 personnes meurent victimes de la sécheresse qui, au total, affecte les conditions de vie de 25 millions de Sahéliens.

Sources : Journal « Le monde »


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Cet article a été actualisé le : 31 mars 2017

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