Une femme de l’année – par Guy Bottinelli




Bonne nouvelle, nous avons le plaisir de lire à nouveau Guy B.

 Que se passe-t-il dans la tête d’un chef d’État en voyage pour rencontrer un de ses homologues ? et singulièrement quand il s’agit d’Angéla MERKEL en route vers Washington pour faire la connaissance de Donald TRUMP , en mars dernier ?

C’est ce qu’a imaginé Sylvie Kauffmann, journaliste au « Monde », avec une verve dont je me contente de vous livrer l’essentiel pour vous permettre de ne pas désespérer de la politique. Elle écrit :

«  Mais que vais-je faire dans cette galère ? Ce type me pourrit la vie depuis le 8 novembre. C’est quand même la première fois que j’ai été obligée de rappeler, dans un message de félicitations à un président américain élu, les  « valeurs communes qui nous lient, la démocratie, la liberté, le respect de l’Etat de droit et de la dignité de chaque personne etc.».

C’est même le choc de la victoire de Trump qui m’a décidée à me lancer dans une quatrième campagne électorale (ndlr en septembre). Au lieu de me battre pour sauver ma peau (ndlr contre Schulz, nouveau candidat du SPD à sa place), il faut que j’aille sauver le monde à Washington ! (……) Il va falloir que je leur explique comment ça marche l’Europe : les négociations commerciales se mènent avec Bruxelles, pas au niveau bilatéral. (….) que le destin de l’Europe était entre nos mains, pas entre mes mains, (et) ceci malgré mes amis européens qui maugréent contre l’hégémonisme allemand. (…..)Et puis j’ai quand même une responsabilité depuis que Barack m’a transmis l’étendard de leader du monde libre. Il peut être fier de moi : je ne rate pas une occasion un rappeler nos valeurs.(…….) Je prie pour qu’il .(Trump) ne m’invite pas en Floride à Mar-a-Lago, dans son club à 200.000 dollars l’entrée…Heureusement, je ne joue pas au golf, ça devrait le tenir à distance.

«……J’ai fait face à beaucoup de choses dans ma vie. J’ai eu la peau d’Helmut Kohl, j’ai enduré des dizaines de sommets européens, j’ai tenu tête à Poutine (…), je suis restée calme, quand le président turc Erdogan nous a traités de nazis…. Si Donald Trump essaie de me tenir la main comme il l’a fait avec Theresa (May, la première ministre britannique) je ne réponds plus de rien. Pas de chance pour lui : les deux premiers chefs de gouvernement d’Europe qu’il reçoit à la Maison Blanche sont des femmes et deux filles de pasteur. Pas trop son genre de beauté ……….. ».

Je laisse Sylvie Kauffmann reposer sa plume alerte ; vous, qui vous demandez en quoi cet épisode du ministère d’Angéla Merkel peut nous éclairer sur la place qu’un(e) citoyen(ne) peut occuper en politique, au terme d’une  campagne électorale plutôt délétère qui s’achève, et qui ne nous a guère encouragés à ce type d’engagement.

  • Jeune militante des jeunesses communistes, elle distribuait des tracts auprès des pêcheurs pauvres de la Baltique,
  • De milieu petit bourgeois, elle a connu au foyer familial un mode de vie plutôt sobre et en a tiré une morale de la solidarité (au sens du service, des autres et du pays plutôt que la charité),
  • Tenue à l’écart des « caisses noires » de la CDU dans lesquelles H.Kohl, vieillissant, était mêlé, elle en a profité pour s‘allier aux jeunes et pour le déboulonner en jouant le jeu classique du remplacement des générations, et prend la direction du parti en 1999,
  • Elle commence ainsi une carrière qui lui confèrera une sorte « d’aura » internationale. Elle saura s’en servir politiquement, forte qu’elle est de la puissance économique de son pays et de son éthique personnelle,
  • Aujourd’hui en France où les « affaires » sont venues polluer l’élection présidentielles on a assisté à un retour de la morale chez les électeurs, il est normal que les pays européens qui veulent sauvegarder leur indépendance et leurs valeurs se tournent vers A. Merkel.

Celle que Kohl appelait « la gamine » a fait son chemin

Le 8  Mai 2017, par Guy Bottinelli

Cette note est adressée à une cinquantaine d’amis de mouvance protestante en majorité. Mandaté par personne l’auteur donne ainsi des nouvelles depuis l’EHPAD où il réside maintenant (Guy Bottinelli, Les Landiers, 13 rue Sigismond Brissy 69500 BRON)

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Cet article a été actualisé le : 15 mai 2017

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