Mirly 2013 : Emplois, Progrès, pouvons-nous attendre la croissance ?



Mirly, Edition 2015

Dans la conjoncture économique actuelle – et avec des anticipations à ce jour peu favorables -, le chômage progresse de manière drastique. Pour combien de temps  ? Et quelles perspectives ?

Avec des partisans d’une croissance forte, ou ceux d’une croissance modérée, voire d’une « décroissance », venez participer à ces rencontres qui s’organisent autour d’intervenants spécialisés – pour cadrer les sujets -, comprennent du temps en groupes pour s’informer, réfléchir et exprimer son opinion et, enfin, permettent de (re-)découvrir ces sujets à travers la Bible ou les théologiens, par la voix du pasteur Beltrami.

Ces rencontres s’inscrivent dans notre volonté de témoigner et d’agir dans une société traversée par des tensions, marquée par des inégalités face auxquelles nous ne pouvons rester indifférents.


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Cet article a été actualisé le : 2 février 2015

Une réponse à “Mirly 2013 : Emplois, Progrès, pouvons-nous attendre la croissance ?”

  1. Guy Bottinelli dit :

    Emplois, progres, croissance, que faut-il en penser ?
    Qu’en est-il des modèles mis en oeuvre ou recherchés en vue de créer des emplois ? On en a évoqué trois.

    Celui qui est actuellement en vigueur, basé sur la croissance, selon la formule du travailler plus et travailler tous.
    Un autre modèle suppose une réduction forte du temps de travail individuel (32 heures par exemple), selon la formule : travailler moins pour travailler tous. On retrouve ici le partage du travail.
    Le troisième vise à ne produire que ce qui est nécessaire. Mais, qu’est-ce que le nécessaire ? On laisserait ainsi libre cours à des activités utiles à la société, distinctes de l’emploi habituel, et soutenues par un revenu d’existence (ou de base, ou universel).

    Que faut-il en penser ?

    La croissance sur laquelle repose le premier modèle, ne tient pas compte d’un PIB de plus en plus contesté, car il ignore les dimensions humaines de toute croissance, le bien-être, les relations personnelles, la paix ambiante, etc .. Certaines de ces dimensions commencent à être déterminées par des indicateurs de plus en plus reconnus ( cf. Indice de Développement Humain IDH). Ce modèle vise à donner à chacun des moyens d’existence et de reconnaissance sociale. On y a aussi appris que la croissance n’expliquerait que 50% environ des causes du chômage. C’est dire qu’ il faut également considérer tous les autres facteurs, comme la participation des travailleurs, la fiscalité sur le travail, et pour faire simple, la réforme de l’entreprise.

    Le partage du travail se situe dans la même perspective, avec une préoccupation de justice sociale, qu’ ignore la seule prise en compte de la croissance économique référée au PIB. Quant au troisième modèle, il remet en cause la valeur travail , exercée dans le cadre de l’emploi rémunéré. Il ambitionne de libérer l’être humain de la contrainte du travail, sous réserve de l’obtention d’un revenu de base identique pour chacun, qu’ il peut compléter comme il l’entend. L’ individu pourrait ainsi se consacrer à des activités ayant une valeur humaine et sociale. C’est le but des «objecteurs de croissance».

    L’interpellation théologique et éthique

    Ces modèles ont tous un soubassement éthique plus ou moins avoué avec des mentions de dignité, de justice, de libération, de partage. Quelles questions nous sont posées par la mise en oeuvre effective ou potentielle de ces modèles ?

    La recherche d’un salut est omniprésente, mais ignore qu’un salut nous est offert par Dieu don’t l’horizon est le monde nouveau annoncé dans les Ecritures. La seule chose nécessaire est de nous inscrire dans cette espérance , qui engendre une dynamique ici-bas et pas une illusion au-delà. La première conséquence en est la dénonciation des idoles auxquelles l’humanité rend quotidiennement hommage. On peut citer : la consommation identifiée au bienêtre, le caractère foncièrement bon (en dernier ressort) de l’homme, la vénération amoureuse de la nature, la liberté confondue avec l’ego, la confiance dans les progrès scientifiques et technologiques. Certes la notion de croissance économique est absente dans le monde biblique. Tout au plus peut-on observer que dans certaines paraboles de Jésus, le riche insensé ou la parabole des talents, travail et croissance sont liés.

    Toutefois la dynamique née de l’espérance chrétienne se manifeste aussi en ce monde par notre aptitude à le changer. Une fois admis, selon l’ordre de la Genèse et de l’expérience humaine, que le travail est un subtil mélange de peine et de réalisation de soi, nous sommes appelés :

    • à reconnaître et mettre en pratique des activités utiles socialement (rémunérées ou bénévoles) à côté des emplois habituels.
    • à agir collectivement contre les forces dominantes qui tendent à réduire ces activités, tout comme le travail, à l’état de marchandises.
    • à réguler le travail de telle sorte qu’ il assure les meilleurs moyens d’existence à chacun dans le respect de sa dignité.
    • à subvenir aux besoins de ceux qui, pour des raisons très diverses, ne peuvent s’assumer seuls.

    Sinon, les bâtisseurs travaillent en vain (Psaume 127) et « La profondeur devient le seul but de l’homme qui creuse » (Françoise MalletJorris)

    Guy Bottinelli

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